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Glyphosate : les 27 échouent à s'entendre, la France "va se battre pour faire en sorte que tout le monde soit sur (sa) ligne"
information fournie par Boursorama avec Media Services 13/10/2023 à 14:33

Les Vingt-Sept n'ont pas trouvé d'accord sur la réautorisation de cet herbicide controversé. La France, qui s'est abstenue, veut en restreindre les usages "partout en Europe". Trois questions au ministre de l'Agriculture Marc Fesneau.

Le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau au domaine viticole du château Lalande-Labatut à Salleboeuf, en Gironde, le 5 juin 2023. ( AFP / THIBAUD MORITZ )

Le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau au domaine viticole du château Lalande-Labatut à Salleboeuf, en Gironde, le 5 juin 2023. ( AFP / THIBAUD MORITZ )

Les États-membres de l'Union européenne ont échoué, vendredi 13 octobre, à s'entendre sur la proposition de Bruxelles de reconduire pour 10 ans l'autorisation du glyphosate . Cela conduira à un nouveau vote courant novembre sur le sort de l'herbicide. La Commission européenne proposait de renouveler son feu vert jusqu'à décembre 2033 , après le rapport d'un régulateur européen estimant que le niveau de risque ne justifie pas d'interdire la substance.

Lors d'un vote à huis clos des représentants des Vingt-Sept, dans le cadre d'un comité technique, la majorité qualifiée requise pour valider le texte n'a pas été atteinte (15 États sur 27, représentant au moins 65% de la population européenne). De nombreux pays du Sud et de l'Est soutiennent la ré-autorisation. Mais l'Autriche et le Luxembourg avaient fait part de leur volonté de voter contre. Et, conséquence des divisions de la coalition au pouvoir à Berlin, l'Allemagne a aussi refusé de prolonger l'autorisation. Enfin, la Belgique et les Pays-Bas se sont abstenues, comme la France. La position du gouvernement français : garder le glyphosate là où il n'y a pas d'autres solutions et s'en passer là où il y a des alternatives.

Pourquoi la France s'est-elle abstenue ?

"On a dit, depuis le début, que la proposition de la Commission telle qu'elle est formulée, 10 ans sans conditions, ne correspondait pas à la trajectoire dans laquelle s'est mise la France depuis plusieurs années, à savoir essayer de restreindre les usages là où il y a des alternatives pour faire en sorte qu'on utilise moins de glyphosate, ce qui a été fait pour les jardins, les espaces verts, ainsi qu'en agriculture où on a essayé de limiter le champ d'action", explique Marc Fesneau vendredi à l' AFP .

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"Cela aboutit à un vote d'abstention qui veut dire deux choses. La première est que dans la logique du message 'pas d'interdiction sans solution', il y a des impasses techniques sur le glyphosate et qu'il y a donc besoin de pouvoir utiliser cette molécule dans un certain nombre de cas, comme dans l'agriculture de conservation des sols (qui évite le labour, ndlr) ou dans les zones montagneuses. La deuxième est qu'on signifie à la Commission que nous ne sommes pas d'accord avec sa mouture.

Il n'y avait aucune logique à ce qu'on vienne approuver quelque chose qui n'est pas conforme à ce qu'on fait en France, et qu'il faut saluer puisqu'on est quand même à 27% de réduction (d'utilisation du glyphosate) en 2022 par rapport à la période 2015-2017", se félicite le ministre.

Qu'attend désormais le gouvernement ?

"La France attend que la proposition de la Commission converge vers l'idée d'une ré-homologation sous condition d'usage : là où il y a des impasses, garder l'usage de la molécule, et là où on peut s'en passer, le faire partout en Europe." Or, avec le vote de vendredi, "on peut avoir espoir. En tout cas, on va se battre pour faire en sorte que tout le monde soit sur (notre) ligne.

On demande éventuellement une durée moindre (que les 10 ans proposés par la Commission), le remplacement (du glyphosate) là où il y a des alternatives crédibles, techniquement possibles et économiquement viables, et le maintien pour les zones montagneuses et pour l'agriculture de conservation des sols. Ensuite, il nous paraît important de continuer à poser sur la table la question des usages non agricoles, dans les parcs et les jardins", explique Marc Fesneau.

Le gouvernement craint-il de fâcher les agriculteurs ?

"Je ne suis pas en porte-à-faux avec les agriculteurs , répond-il, car ils se sont déjà engagés dans la voie de la réduction du glyphosate. Dire qu'on veut 10 ans sans restriction reviendrait à accepter (...) qu'on revienne sur la trajectoire qu'on a décidée, (financée) avec des moyens publics puisque on dépense 70 à 80 millions d'euros par an de défiscalisation pour ceux qui réduisent le glyphosate. C'est aussi une question de responsabilité politique", conclut le ministre.

3 commentaires

  • 14 octobre 08:33

    Jean de KERVASOUDE... peu susceptible d'être pros Monsantos, explique dans l'un de ses livres "ils sont devenus fous"..., que c'est bien la D O S E ... pour ceux pour qui il faut répéter et encore, que ce qui fait le poison c'est la dose, et non le produit .


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